Par Marc Wallet – Journaliste et chercheur indépendant

Troubles de l’apprentissage et surcharge nerveuse : décodage neuro-moteur et apport de l’éducation kinesthésique à distance
Les troubles de l’apprentissage, englobant la dyslexie, la dysgraphie, la dyscalculie ou les déficits attentionnels, constituent un défi neuro-développemental complexe au cours de la scolarité. L’acquisition des connaissances nécessite une interaction fluide entre la perception sensorielle, la mémoire de travail, la planification motrice et la régulation émotionnelle. Lorsqu’un enfant se heurte à des blocages répétés dans la lecture, l’écriture ou la concentration, l’environnement perçoit parfois ces manifestations comme un manque d’effort, de la paresse ou de la mauvaise volonté. Pourtant, les neurosciences cognitives révèlent que ces obstacles découlent fréquemment de difficultés d’intégration sensorimotrice et d’une coordination incomplète entre les deux hémisphères cérébraux. Face à cette fatigue émotionnelle que faire pour restaurer la sérénité et la fluidité des apprentissages ? L’éducation kinesthésique propose un accompagnement corporel doux et ludique axé sur la physiologie du mouvement pour libérer le potentiel d’apprentissage.
- La mécanique neuro-biologique de l’apprentissage : pourquoi le cerveau se fatigue-t-il ? Apprendre n’est pas un simple acte intellectuel, c’est une performance biologique qui exige la synchronisation millimétrée de multiples structures cérébrales et réseaux sensorimoteurs. La chaîne motrice et l’intégration visuo-spatiale Lors d’un exercice scolaire (lire, écrire, résoudre un problème), le système nerveux met en œuvre des réseaux hautement spécialisés :
- Le cortex préfrontal : Responsable des fonctions exécutives, de la mémoire de travail, de la planification et de la focalisation de l’attention.
- Le cortex pariétal et l’intégration visuo-spatiale : Il gère le repérage sur la page, le respect des marges, la reconnaissance des formes et l’organisation spatiale.
- Le cervelet et les ganglions de la base : Ils régulent la précision, le rythme, le tonus musculaire et le contrôle fin de la motricité. Pour traiter une information écrite ou orale, les signaux doivent traverser de manière fluide le corps calleux afin d’assurer la communication entre l’hémisphère gauche (analytique, séquentiel) et l’hémisphère droit (global, créatif).
Que se passe-t-il en cas de troubles du neuro-développement ? Les données de recherche médicale documentées par des institutions de référence comme l’Inserm (Inserm – Troubles dys et apprentissages) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mettent en lumière les mécanismes physiques à l’œuvre :
- La somatisation stress et l’hyperactivation du nerf vague stress : Lorsqu’une tâche perçue comme trop complexe est exigée, le système nerveux orthosympathique déclenche une réponse de défense. Le taux de cortisol augmente, la fréquence cardiaque s’accélère et les muscles se contractent involontairement, provoquant de fréquentes cervicalgie stress ou des tensions scapulaires.
- La mauvaise intégration des réflexes archaïques et de la latéralité : Si la latéralité ou les réflexes primordiaux ne sont pas parfaitement intégrés, la traversée de la ligne médiane du corps devient laborieuse. L’enfant doit lutter contre son propre corps pour suivre une ligne des yeux ou tenir son stylo sans s’épuiser.
- L’instabilité de l’ancrage postural et de la vision de près : Un déficit au niveau du tonus d’ancrage du tronc oblige l’enfant à se coucher sur sa table. La distance œil-feuille est altérée, entraînant une fatigue visuelle intense et une perte de repères.
- L’épuisement cognitif et la perte d’estime de soi : L’effort permanent pour compenser ces blocages mécaniques épuise la réserve nerveuse. Devant la répétition des ratures et des échecs, le système limbique réagit par le stress. Cette panique émotionnelle amène l’enfant à vivre une crise d’angoisse que faire ou à s’isoler.
- L’Éducation kinesthésique et le Brain Gym : réorganiser les schémas moteurs Mise au point par le docteur Paul Dennison, l’éducation kinesthésique utilise le mouvement corporel structuré (Brain Gym) pour stimuler la plasticité cérébrale et réharmoniser les connexions neuro-motrices. Les instances représentatives de la discipline, comme la Fédération Française de Kinésiologie (https://kinesiologiefederation.com/), promeuvent ces démarches complémentaires visant à accompagner le bien-être, à réduire le stress corporel et à favoriser le développement des compétences d’apprentissage.
La bilatéralité et l’organisation des trois dimensions de l’apprentissage L’apprentissage requiert la maîtrise dynamique des trois dimensions de l’espace :
- La latéralité (dimension gauche/droite) : Nécessaire pour traverser la ligne médiane visuelle et motrice sans interruption du flux de pensée.
- Le centrage (dimension haut/bas) : Essentiel pour maintenir la stabilité émotionnelle et la coordination du haut et du bas du corps.
- La focalisation (dimension avant/arrière) : Indispensable pour ajuster la vision de près et maintenir l’attention sans crispation.
Les exercices de Brain Gym (tels que les mouvements croisés, le huit infini, la double griffonnade ou l’ancrage) sollicitent activement le réseau neuronal. Cette réharmonisation apporte des bénéfices tangibles sur le confort de l’élève :
- Fluidification de la lecture et du tracé : Relâchement des crispations physiques et meilleur balayage visuel de gauche à droite.
- Amélioration de la concentration : Retour au calme intérieur et baisse de l’hyperactivité motrice compensatoire.
- Repérage spatial optimal : Meilleure organisation sur la feuille et meilleure structuration de la pensée.
Vous pouvez découvrir cet accompagnement complet et [soulager le stress des troubles de l’apprentissage avec l‘éducation kinesthésique à distance sur notre page dédiée.
- Déroulement d’une séance d’éducation kinesthésique à distance Une séance d’éducation kinesthésique à distance dure généralement entre 30 et 45 minutes. C’est un accompagnement interactif, bienveillant et entièrement personnalisé, conduit en visioconférence pour s’adapter au rythme de l’enfant ou de l’adolescent.
- Temps d’accueil et définition de l’objectif La séance débute par un temps d’échange avec l’enfant et ses parents afin d’identifier les blocages concrets rencontrés au quotidien (lenteur, fatigue visuelle, refus d’écrire, difficulté d’attention). Un objectif positif et mobilisateur est défini (ex. : « Je lis avec aisance et plaisir » ou « Je reste calme et concentré pendant mes devoirs »).
- Bilan d’observation fonctionnelle et corporelle À travers des mouvements ludiques et des tests simples d’observation visuelle et motrice, l’intervenant évalue la qualité de la coordination, la posture assise, l’équilibre postural et les zones de surtension musculaire.
- Pratique guidée des mouvements ciblés L’enfant exécute une séquence personnalisée de mouvements d’Éducation Kinesthésique axés sur le besoin spécifique identifié :
- Mouvements d’Ancrage et de Centrage : Pour stabiliser le tronc, libérer la respiration et détendre la ligne des épaules.
- Mouvements Croisés et Huit Infini : Pour stimuler la communication entre l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit et faciliter la traversée de la ligne médiane.
- Mouvements d’Allongement : Pour détendre les muscles contractés par le stress et libérer la tenue des instruments de travail.
- Bilan, auto-évaluation et rituels à la maison L’enfant refait un essai d’écriture, de lecture ou de dessin pour comparer son ressenti avec le début de la séance. Il perçoit immédiatement le gain de confort et la réduction de l’effort. La séance s’achève par la transmission de rituels de mouvements courts (1 à 2 minutes) très faciles à intégrer avant les devoirs ou en classe pour maintenir l’équilibre neuro-moteur.
- Message aux parents : restaurer la confiance et le plaisir d’apprendre Voir son enfant batailler quotidiennement avec ses devoirs, ressentir sa détresse face aux leçons et constater son épuisement est une épreuve douloureuse pour toute la famille. Il est essentiel de se rappeler que les difficultés de l’apprentissage ne sont pas un problème d’intelligence ou de volonté : elles traduisent une saturation du système neuro-moteur et une réaction au stress.
Rassurez-vous : le système nerveux des enfants possède une plasticité remarquable. En associant un soutien pédagogique approprié à des mouvements corporels ciblés qui libèrent les tensions physiques, vous donnez à votre enfant les moyens de retrouver sa stabilité, sa confiance en lui et le plaisir d’apprendre de manière autonome.
A propos de l’auteur
Marc Wallet est un chercheur et journaliste indépendant spécialisé dans la physiologie du mouvement et l’intégration sensorimotrice.
À travers ses enquêtes, il explore les interactions entre la motricité fine, le système nerveux et le développement cognitif. Spécialiste de l’éducation kinesthésique, il met ses travaux au service de la vulgarisation des démarches complémentaires pour aider les enfants et les familles à surmonter le surmenage, les blocages d’apprentissage et les tensions physiques à retrouver leur équilibre global.
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